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  • Interview avec Karim Bouhassoun : Conseiller de la présidente de région Bourgogne Franche-Comté : Marie-Guite Dufay

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    En cette période électorale, notre cher Kévin L’héritier, étudiant de deuxième année en option communication et également rédacteur au journal interne a réalisé une interview avec M. Karim Bouhassoun, le conseiller de la présidente de région Bourgogne Franche-Comté : Marie-Guite Dufay. Entre communication digitale et communication politique, cet entretien nous en apprend beaucoup sur le rôle d’un travailleur de l’ombre.

    Pouvez-vous vous présenter rapidement ? (formations – expériences…)


    Je me suis très tôt  intéressé à la capacité et à la liberté de faire passer des messages par écrit et oral. Je me suis donc naturellement spécialisé dans les lettres, après un collège puis un lycée de banlieue parisienne, avec des études de philosophie à l’Université Paris-La Sorbonne. Après les attentats du 11 septembre 2001 qui ont marqué l’entrée dans notre siècle, l’envie que cette soif de lire et d’écrire serve à l’action publique s’est confirmée et j’ai décidé de passer le concours de Sciences Po (l’Institut d’Etudes Politiques de Paris) où je me suis spécialisé dans les Affaires internationales. J’ai ensuite rejoint un cabinet de conseil, pour faire de la communication publique. Je suis ensuite retourné à Sciences Po, pour travailler cette fois-ci, à la direction de la stratégie, pour mener des campagnes de communication vers les anciens élèves. J’ai ensuite été candidat à plusieurs reprises à des élections locales, avant de prendre le virus de la politique. Et depuis 2014, je suis conseillé de la Présidente de région de Bourgogne Franche-Comté.

    Vous êtes conseiller de la présidente de la région, Mme Marie-Guite Dufay, en quoi consiste votre  travail ?


    Sur chaque champ de compétence, il y a un conseiller. Il suit les correspondances, fait le lien avec les élus, il a un rôle de conseil, d’apport d’idées, de veille politique, un rôle d’alerte sur des sujets sensibles, et contribue aux discours, à la préparation de déplacements, à la « sécurisation » du quotidien. Je suis un de ses conseillers.

    Vous étiez présent à une table ronde à Besançon sur la thématique du digital. Pour vous, la question  du digital est-elle vraiment prise en compte aujourd’hui par les différents partis politique ?


    L’effet boule de neige d’une annonce, d’un déplacement, de l’affluence dans un meeting ou bien d’une déclaration est beaucoup plus important avec les réseaux sociaux. Je ne dis pas qu’il faut faire des réunions pour faire des belles photos et les partager après. Mais le digital est une chambre d’écho qui amplifie l’impact des messages politiques et des actions de campagne. En cela, le digital n’échappe à personne. On peut suivre en direct un meeting politique, faire des commentaires, interagir avec les présents… voire aller plus loin, pensez à l’hologramme utilisé par un candidat !

     Quels progrès peut-on encore faire en matière de digital en politique ?


    Les progrès sont multiples mais il faut changer notre rapport au digital en politique. On doit passer d’un outil au service de la com’ à un outil de participation pour influencer la décision, dans deux directions différentes : entre élus et citoyens, et entre les élus et les autres pouvoirs (justice, assemblées).

    Dans la première direction, la promesse la plus porteuse du digital en politique est selon moi de transformer la relation au citoyen d’un consommateur de services à un partenaire des politiques de développement. Je donne un exemple : tout le monde sait couvrir une campagne sur facebook ou faire du tweet et du retweet pour gagner des voix. Mais il y a une marge de progrès, qui est d’aller plus loin que cela et inverser le rôle des réseaux sociaux pour en faire un outil au service des électeurs après les élections, en gros pour passer de l’autre côté du miroir. Je peux donner une application concrète de ce champ qui reste à investir : la plateforme participative lancée par la Présidente. C’est un site qui ouvre sur les 33 engagements de la région, et un menu pour comprendre la région. Il est possible d’adresser directement une  question à la présidente. C’est un outil à emporter partout avec soi, dans le train, au bureau, à la maison, car il est naturellement « responsive design ».

    Mais il y a une deuxième dimension du digital pour influencer la décision. Pensez au tweet de Donald Trump à propos de l’affaire de l’ingérence russe dans la campagne présidentielle lorsque les responsables du renseignement américains étaient auditionné par une commission de la Chambre des représentants, et que ces derniers avaient mis à jour leurs questions en direct en fonction d’un tweet du Président… Ce champ est un territoire nouveau, mais risqué : la réduction de la distance et du temps permis par le ditigal renforcent la « tyrannie de l’urgence » en politique.

    Les réseaux sociaux permettent à n’importe quels citoyens d’interpeller un politique. Selon vous le  politique (enfin, son équipe de communication) doit-il répondre à chaque fois ?


    Non. Il faut garder une distance et ne pas bousculer la communication politique. Il est indéniable que les réseaux sociaux rapprochent. Mais il ne faut pas trop en faire. Avec internet, la réduction de la distance et du temps, la capacité que chacun a à communiquer, accéder à l’information, à diffuser de l’information a bousculé l’ordre du monde. Avec la mondialisation des technologies et de l’internet à haut débit, l’universalité d’une circulation de l’information immédiate et désintermédiée change la face du monde, c’est indéniable. La communication politique ne doit pas aller trop vite et céder à ces sirènes. La communication sur le web et les réseaux sociaux est d’ailleurs une arme qui fait trembler les gouvernements et les puissants. Il faut faire attention à ne pas exciter les émotions au point où elles deviendraient incontrôlées. A côté de cela, il y a des messages émouvants assez positifs. Pensez au magnifique tweet « Quatre ans de plus » de Barack Obama en 2012 après sa réélection (qui a 85 000 000 de followers…).

    Les réseaux sociaux remplacent-ils les journalistes sur un plateau télé ?


    Les journalistes sont des observateurs avisés et des analystes avant d’être commentateurs de la vie politique. Ils ne seront pas remplacés et ne doivent pas l’être par les réseaux sociaux.

    La télé, est-elle toujours le seul média de masse selon vous ?


    Quand on voit que le débat entre les cinq principaux candidats à la présidentielle qui s’est tenu fin mars a rassemblé 10 millions de téléspectateurs, on peut penser que oui. Le direct ne ment pas, la spontanéité ou le contrôle se voient, et cela reste une des meilleures manières pour le grand public de se faire une idée sur la prestance et le caractère du candidat. Cela entre dans le jeu du choix, car tout le monde ne lit pas les programmes dans les  détails….

     Y-a-t-il un danger au digital ?


    Oui si on ne régule pas l’accès aux contenus dangereux pour nos enfants et pour beaucoup d’adultes, et qu’on ne met pas de filet de sécurité sur la question des données personnelles (vie privée et profilage, géolocalisation, etc…).

    Un conseil à donner aux étudiants d’Information et Communication ?


    Communiquer peut s’apprendre, mais c’est aussi et surtout un mélange entre intuition et travail. Suivez la première intuition, c’est souvent la meilleure. Mais il faut la travailler, la mettre à l’épreuve des autres, la partager, l’éprouver…

    Interview réalisée le 7 Avril 2017

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    Kévin l'heritier

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