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  • Aurélie Bresson : J’ai une idée, j’y crois !

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    Dans la série des interviews d’anciens pour les 50ans de l’IUT, c’est au tour d’Aurélie Bresson, ancienne étudiante à ICB en option communication (promo 2006-2008), de nous faire part de ses souvenirs, de son parcours. Aurélie Bresson est à l’origine du magazine « Les Sportives », un magazine de sport exclusivement féminin. En quelques mots, Aurélie est une femme déterminée, engagée, qui croit en ses rêves et ses convictions, qui a besoin d’innover, d’impulser mais également une grande sportive.

     


    Qu’est-ce que vous retenez de l’IUT ?

    Je retiens que ça a été les deux plus belles années, les plus intéressantes, avec des cours très complets, du théorique comme du pratique. Les vrai(e)s ami(e)s que j’ai gardés ce sont ceux de l’IUT, ainsi que les meilleurs moments de la vie d’étudiants, surtout sur les projets, sur la vie de groupe, sur la vie étudiante forcément, sur tout. J’avais retenu aussi un IUT qui tombait un peu en ruine mais là ils l’ont réhaussé c’est vraiment bien !


    Quel était votre lieu préféré à l’IUT ?

    On n’avait pas vraiment de foyer à l’époque, enfin si, mais deux mois avant de partir en stage donc ça n’avait pas trop de sens. Mon lieu préféré c’était les marches d’escalier à l’entrée parce qu’il y avait souvent du soleil, tout le monde connait ces marches !


    Quel est votre meilleur souvenir à l’IUT ?

    J’en ai tellement ! En fait l’un des meilleurs souvenirs qui me sert encore aujourd’hui c’est le Challenge Info-Com. Nous avions dû travailler sur la Cancoillotte et nous avions gagné cette année-là, ça avait été monstrueux car il y avait la gestion d’équipe, nous avions créé un projet de but en blanc. C’était très très professionnel, on voyait loin. Pour la réalisation du projet, nous avions juste fait un constat, on s’était fait une soirée Cancoillotte et on s’était dit « C’est le fromage qui se mange à la cuillère ! » et on a développé tout ce concept autour d’un constat, d’une simple phrase et on avait gagné. Je me souviens que nous nous étions vraiment régalés ! C’est fou comme parfois ça part de pas grand-chose ! C’est un souvenir qui vraiment me revient mais j’en ai tellement d’autres que ce soit à travers les voyages, les projets, les enseignants…


    Est-ce que ce que vous faites aujourd’hui était votre projet initial lorsque vous étiez à l’IUT ?

    En fait quand j’étais petite je voulais être architecte car j’adorais bâtir, construire et ça se rejoint au final, puis quand j’étais à l’IUT je voulais plus me tourner vers le journalisme parce que j’aime beaucoup écrire, j’aime la presse, j’aime les médias et au final c’est toute la com qui me plaisait en général, même le droit ça m’intéressait, tous les aspects m’intéressaient parce que je voyais vraiment l’utilité, je pense que c’est la force de cet IUT. Mais c’était vraiment le journalisme, les voyages, et finalement j’ai l’impression d’avoir pu concilier les deux aujourd’hui. Et finalement pour me construire et faire ce que je suis devenue aujourd’hui c’est aussi parce qu’à un moment donné j’ai dû ressortir mes cours. Ils ont été tellement utiles. La formation est tellement complète que je le vois, dans mon entourage, avec les ami(e)s de l’époque que je vois encore aujourd’hui, on se rend compte qu’on peut intervenir partout. Il y en a une dans la com publique, une au numérique mais qui est passée graphiste, on se rend compte qu’on peut toucher à tout, tu as tous les aspects de la com, tu sors de là, tu peux te dire com en fait.

    Et moi aujourd’hui on me le dit « mais Aurélie, ok dans les médias c’est ton milieu t’es super aisée, mais tu peux te dire com parce que tu connais les facettes du digital, tu connais les facettes du droit, tu connais tout ça ! » et ça c’est génial, c’est un très très beau bagage ! Quel que soit le métier que tu fais après cette formation ça te servira ! Que ce soit dans la manière de communiquer, dans la manière de me conduire avec mes collègues, tout, tout, tout, ça change ton regard sur le monde aussi ! Il y a un truc ici, il y a une âme, tu es obligé de construire des bons souvenirs, même s’il y a eu des tensions, tu es obligé de garder des bons souvenirs derrière !

    T’es pas calibré pour finir dans une agence absolument, t’es calibré pour te débrouiller.


    Avec du recul, est-ce que la formation proposée à l’IUT a été un tremplin pour vous ?

    Clairement, oui ! Pour que je puisse me resservir encore des cours, c’est que vraiment ! J’étais bien contente d’avoir gardé tous mes cours ! On sent que les notes du cours de Monsieur Cornu le vendredi matin elles sont un peu mal prises mais tu te dis qu’heureusement que t’en avais quand même pris quelques unes !

    Autant j’ai bien vécu mes années IUT, autant d’un côté j’étais pas bien, parce que c’est les années où tu te cherches, tu sais pas ce que tu veux faire, et en fait on est tous pareil, surtout toutes, c’est vraiment les années où tu finis le bac, où tu deviens adulte, où tu commences à construire ta vie, tu as la pression de la société qui te dit qu’il faut absolument que tu rentres dans un moule et finalement tu te révèles pas, parce que t’es tellement stressée à vouloir ressembler aux autres et être dans la norme que c’est dur. Que ce soit physiquement avec les magazines féminins, que ce soit dans la pensée et c’est ça qui est fort avec cet IUT, tu es vraiment amené à réfléchir, à te poser des questions tout le temps sur tout, et moi ça a été révélateur. C’est aussi pour ça que j’étais vraiment contente de revenir pour cette JDA. C’est important de rester dans une dynamique où tu apportes du positif, d’avoir cette envie de construire, de pouvoir s’exprimer car on se sent tellement bien quand on peut dire ce qu’on pense.

    A l’IUT, les profs ne se souviennent pas tous de moi parce que j’étais très discrète, j’osais pas l’ouvrir, et ce qui m’a manqué c’est un boost, d’avoir plus de personnes extérieures. Quand j’ai créé ma boite, j’étais vraiment toute seule, j’avais pas de conseils, je me suis faite avoir sur énormément de choses, après c’est le jeu et grâce à ça tu apprends mais si on m’avait guidée plus ça aurait peut-être pu changer quelques trucs, après tu refais jamais ton histoire, et puis je n’ai aucun regrets.


    En tant que femme, est-ce que vous sentez que ça va mieux ? Que les choses évoluent ?

    Étant passée par le milieu des miss et du mannequinat, j’ai vécu de pleine face la femme juste objet, juste jolie, et moi je n’ai pas ma langue dans ma poche, il faut que je réagisse. Tu es un humain, tu as le droit de dire ce que tu penses, tu as des idées, tu travailles, tu vaux autant que les autres et en fait le fait d’être passée par ce milieu-là, toujours de l’apparence, ça a aussi été révélateur et c’en est une force aujourd’hui, mais c’est toujours aussi compliqué. Déjà quand j’ai entrepris c’était complexe, parce que tout de suite si tu es une femme qui est un minimum jolie tu es stagiaire ou secrétaire, t’as été prise parce que t’es passée sous le bureau, ah ça ils savent le dire !

    Et là ce qui a été bien pour moi, c’est que j’étais mon propre patron. Je me rends compte quand même que c’est moins difficile aujourd’hui, que ça avance, la place de la femme dans la société, on avance clairement, on prend les choses plus en mains mais il y a encore énormément de chemin à faire, tout est encore à construire.  Mais le fait de toujours prendre ça sur le ton de la dérision c’est important, comme lorsque je suis en réunion et que je suis entourée de cravateux et que je me fais charrier, je réponds simplement « ah pardon les gars j’ai oublié de mettre la cravate ! ». Même dans ma manière de parler, je parle encore de manière très jeune, je me laisse pas du tout cloisonner sur les discours, ou dans les médias, parce que finalement on parle tous comme ça. Je pars du principe qu’en prenant les choses dans la dérision et voir toujours le plus, le positif, tu marques beaucoup plus les gens que si tu te fermes comme une coquille.

    Si t’as une réflexion d’un mec et que tu te fermes, il va continuer, alors que si tu réagis en rigolant ça va l’interpeller, ça va le surprendre et c’est comme ça que tu marques les esprits, c’est en réagissant, mais positivement, pas en attaquant.

    Le problème aussi chez les femmes, chez nous, c’est qu’il ne faut pas qu’on se positionne en victime, il faut être dans le positif parce que le positif attire le positif. Plus t’es positive, plus le positif reviendra vers toi alors que si tu fais la victime tu attires le négatif et les gens n’accrochent pas. Mais je sais que quotidiennement, c’est pas facile, y a combien de matins où j’ai plus envie, parce que tu peux pas toujours être positif, tu es humaine avant tout.


    Peut-on parler de force, quand on voit votre parcours ?

    Je sais même pas si on peut parler de force, t’as juste envie d’être authentique et d’être toi. Il y a une chose que je ne  supporte pas dans la vie, c’est l’injustice. Si je suis injuste avec moi-même, si je me fais mal à moi-même, t’es capable de faire mal aux autres. Donc je me dis que tant que je suis bien, que je suis moi, que je dis ce que je pense, je me sens bien et du coup je peux avancer. Tant que t’es en accord avec toi-même, c’est pas une force, c’est juste à un moment donné pas d’être égoïste non plus, mais juste de savoir qui tu es au final. Après tu ne sais jamais vraiment qui tu es, mais tu es influencée, tu sais ce que tu vaux. Il faut s’assumer, et c’est comme ça que tu construis la place que tu veux dans la vie, ce que tu veux apporter de plus à la vie.


    On imagine que ça n’a pas dû être tous les jours facile, comment avez-vous géré les obstacles ?

    Quand j’ai monté le mag, je me disais que les gens ne m’écoutaient pas, et j’en pouvais plus, on me prenait pour une imbécile, et au final je me suis dit, qu’il allait forcément avoir des gens prêts à m’écouter. On est 7 milliard sur Terre, y a bien une personne ou deux qui vont m’écouter et m’ouvrir des portes. Et au final ça a marché, tu enchaines les portes et au final tu te rends compte que tu auras toujours quelqu’un qui sera à l’écoute. Il ne faut pas lâcher ses convictions, même si tu te construis dans le débat, tu dois garder tes convictions et y croire.

    Le destin rattrape toujours, car avant j’étais dans des associations, je m’engageais, mais je restais quand même discrète et en fait ce qui m’a vraiment déclenchée, c’est notamment de faire face à des injustices et c’est que ça m’a toujours rattrapée, j’avais ces convictions là même à l’IUT, mais je me taisais. Puis j’ai enchaîné les CDD dans les autres domaines en croyant que je ne pourrais jamais travailler dans le sport, j’ai donc travaillé dans le bâtiment, la com à la SNCF et d’autres trucs, puis au final ça m’a rattrapée tout seul, le destin il revient parce que par ton discours, ton engagement, ton militantisme ça te rattrape. Si t’es à un concert, ou dans un chantier et que tu commences à reparler d’inégalités, tu réalises que ça revient quotidiennement et qu’il faut exploiter ces convictions.


    Pensez-vous que les mentalités vont continuer d’évoluer dans le bon sens ? Qu’il n’est pas trop tard pour certaines personnes ?

    Je pense que ce n’est jamais trop tard, tant que t’es en vie il faut y croire. Il y a une question toute bête, t’arrives sur terre, tu es né, t’as envie de faire quoi ? T’as envie de vivre ! Et comment tu vis, si tu ne vis pas par tes convictions, par ce que tu dis, ce que tu fais ? Il ne faut pas être fataliste, car tout évolue, tout change.


     

    Un grand merci à Aurélie, pour son intervention lors de la JDA, et également d’avoir répondu à toutes nos questions. La JDA 2017 restera marquée par son passage, qui a interpellé les esprits, motivé les uns, encouragé les autres. Une vraie source d’inspiration et d’espoir que l’on soit un homme ou une femme !

     

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    Merci à Aurélie !

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